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Hélène Courset témoigne à travers ses oeuvres d'une réalité enfouie, qui ne peut se dire, mais qui se prononce néanmoins silencieusement, grâce à des écritures résolument abstraites. Elle ne fuit pas la représentation. Au contraire, elle l’affronte dans la crudité de la sensation, jusqu’à l’épure, l’alternance minimale du noir et du blanc, du plein et du vide, du trait et du plan vierge.
Ainsi, elle s’abandonne à une rythmique gestuelle qui s’impose d’elle-même, en fonction du support (toile, bois et papier), qui recevra la trace de la pulsation du temps.
A cause de la contrainte du cadre à l’intérieur duquel va se répéter le geste, grâce à l’outil par lequel la main et tout le corps vont trouver leur prolongement efficient, l’œuvre va s’imposer inlassable et obstinée, étrangement répétitive, mais néanmoins singulière, parce qu’elle est l’inscription d’un dilemme entre ordre et désordre.
Hélène COURSET se situe en un lieu indécidable. Ni l’intime de la psyché, ni le territoire du corps, ni l’espace du mouvement, ni le souffle du vent ou de l’expire ne suffisent séparément à caractériser son propos, mais c’est la rencontre de tout cela qui fait la matière de son travail. L’aléatoire de l’acte de peindre décide du stable ou de l’instable, du fluide ou du rigide, de l’immobile ou du mouvant, mais cette impossibilité d’anticiper sur ce qui va advenir résulte de l’obstination du geste lui-même. Et s’il y a enfermement, étouffement, asphyxie, il faut y consentir… Les structures s’organisent ou se désorganisent, se construisent ou se déconstruisent dans l’anarchie d’un désir insistant et le chaos peut même trouver sa place, au creux même du plus parfait ordonnancement des formes.
La prolifération des empilements, des imbrications, des sériations devient une nécessité. En acte et à ce moment-ci de sa démarche, Hélène COURSET se risque à une écriture indéchiffrable parce que l’acte de créer, c’est tenter une inscription dans l’ordre du temps et le désordre du sensible.

Pascale LEBETTRE.
Professeur de Philosophie.